Virtualisation et x86 deviendront-ils la norme pour les bases de données Oracle ?
VMWare, Xen, KVM et VirtualPC sont en train de transformer les data centers; des fermes de serveurs x86 64 bits remplacent peu à peu les zones dédiées aux Mainframes puis aux Unix propriétaires. Ces dernières années, la pandémie s’est étendue aux environnements de test et développement puis généralisée aux serveurs d’applications. Elle a désormais fait son entrée sur tous les systèmes.
Dernier bastion des data centers qui changent, les serveurs de données restaient jusqu’à présent l’apanage de systèmes puissants, riches, dédiés et, à un degré plus ou moins important, spécialisés. La raison? La criticité des données? L’évolution des volumes? Le manque de maturité des technologies? Les besoins en puissance? La complexité?
Oracle fait son « homework ». Sans réécrire l’histoire, les premières clés de ces changements qui touchent les data centers sont sans doute les versions pour Windows puis pour Linux ou le support des technologies de virtualisation propriétaire des Unix et de OS/390. Mais c’est de loin l’introduction de la technologie Real Application Clusters (RAC) en 2001 qui permet une montée en charge horizontale des systèmes OLTP qui reste le véritable joyaux et le différenciateur de la technologie Oracle. Viennent ensuite, la stratégie Grid Computing en 2004, le cluster intégré et la gestion du stockage automatique. Enfin signe des temps et des transformations, Oracle propose une offre de support de Linux en 2006 (Unbreakable Linux) puis dans la foulée en 2007, une distribution Linux (Oracle Enterprise Linux) et sa solution de virtualisation (Oracle VM). Si bien qu’aujourd’hui, 10 ans après l’apparition des premiers environnements virtualisés sur les architectures x86 mais surtout 37 ans après la première version de VM/370, les environnements x86 virtualisés se répandent désormais aussi pour les environnements de bases de données.
Pourtant, c’est loin d’être simple; alors que, pour la plupart des programmes bien écrits, les ressources essentielles sont la CPU et la mémoire RAM, les bases de données traitent de problématiques bien plus avancées. A titre d’exemple, on peut citer le clustering, la gestion de ressources matérielles distribuées, les IO asynchrones, la clôture des IO (IO fencing), les problématiques avancées de montée en charge ou la concurrence des accès, les latchs et autres mécanismes de verrouillage. Dans ce contexte, un petit dysfonctionnement des systèmes d’exploitation ou du matériel peut avoir des conséquences très importantes. L’impact de la perte d’une base de données va généralement bien plus loin que l’impact de la perte d’un serveur d’applications ou même d’un système.
Il devenait donc nécessaire pour Oracle d’offrir une infrastructure robuste sur x86, de la maitriser complètement et d’offrir de support associé. C’est ce qui a conduit aux développements d’Oracle Entreprise Linux et Oracle VM. Cette logique l’amène à étendre le périmètre des fonctionnalités de ses produits avec le rachat d’acteurs de niche comme Virtual Iron, le développement de solution innovantes comme la solution de stockage Exadata Storage Server avec HP ou la même la mise à disposition de la « database machine ». C’est la même logique qui conduit à la mise en place du programme de validation des plateformes. On peut espérer que ça continuera avec la partie matérielle de Sun, Solaris, SunCluster, les containers ou ZFS. Bien sur, la transformation de la stratégie d’Oracle qui est en train de devenir le « one-stop shop » des solutions informatiques des entreprises et l’explosion des acteurs d’infrastructure sur x86 ne sont pas non plus étrangère à ces changements non plus.
Autre signe des temps, l’ensemble de la solution d’Oracle est gratuite et open source; elle est basée sur les standards déjà déployés dans les organisations comme Redhat Enterprise Linux et Xen. Les certifications de RAC 10.2.0.4 sur x86 et x86 64 bits ainsi que le prochain support de RAC 11g sur Oracle VM sont annonciateur d’une nouvelle accélération. Parmi les bénéfices d’Oracle VM, on peut citer:
- Un modèle de prix ultra-compétitif avec des licences gratuites et des prestations de support vendus par système physique.
- La compatibilité avec les différents types de licences Oracle. OracleVM permet de limiter l’utilisation des processeurs (hard partitioning) et de ne payer les licences que pour les limites fixées par la solution de virtualisation.
- De nombreux templates disponibles sur edelivery comme OBI EE, Enterprise Manager GridControl, Weblogic, Siebel ou Oracle 11g. Ces modèles pré-installés permettent d’accélérer et de fiabiliser significativement les mises en oeuvre de vos projets Oracle.
- Une intégration à Oracle Cluster Filesystem (OCFS) qui permet d’utiliser des REFLink et ainsi de cloner des systèmes en quelques secondes sans aucune licence. OCFS permet également de basculer des VM aussi simplement sur un SAN que sur un NAS
- Une empreinte limitée de 5 à 10% selon les tests avec la paravirtualisation si on les compare aux performances d’un système non-virtualisé
- Des performances largement améliorées si on les compare aux autres solutions de virtualisation comme Xen ou VMWare
- La mise en oeuvre de solution HA ou, bientôt, la migration à chaud d’un système vers un autre; en effet, LiveMigration est en cours de certification
- La mise en place de limites d’utilisation sur les IO virtualisés et les processeurs qui permettent d’isoler les environnements qui cohabitent sur le même système physique
- Une conversion simplifiée des machines physiques ou de machine virtuelles VMWare
Dans ce contexte, je vous invite à étudier avec intérêt ces technologies et en particulier de faire un tour sur les liens qui suivent :
- La page OracleVM dans les projets OpenSource d’Oracle
- edelivery sur lequelle vous pourrez télécharger gratuitement Oracle VM et Oracle Enterprise Linux
- La documentation Oracle VM
- The Underground Oracle VM Manual
- Metalink et en particulier:
- 464754.1 – Certified Software on Oracle VM
- 742603.1 – Steps to Create Test RAC Setup On Oracle VM
- 467664.1 – OracleVM Technical FAQ
Dans mes 2 prochains posts, je vous propose de partager quelques informations utiles pour constituer une plateforme de test Oracle VM sans utiliser VM Manager. Vous pourrez ainsi conduire vos premiers tests, avec un seul serveur ou même comme dans mon cas sur un portable à condition d’avoir une partition de 30 à 50Go libre ou d’avoir un BIOS capable de démarrer sur un disque USB. J’espère que vous partagerez bientôt mon intérêt…



